24 septembre, Molinges (Jura) : contrainte d’accoucher au bord d’une route, une jeune femme et son compagnon « espèrent que leur témoignage pourra aider à la réouverture de l’hôpital de Saint-Claude fermé en avril dernier » (Le Bien public, 2 octobre).

28 septembre, Le Blanc (Indre) : pour protester contre la fermeture de l’hôpital, cinquante maires déposent devant la sous-préfecture cinquante portraits de Macron décrochés de leur mairie.

28 septembre, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) : la ministre Buzyn ne trouve plus ses mots face à un travailleur hospitalier qui l’interpelle : « On a besoin de brancards, de chaises roulantes, de médecins : vous les amenez tout de suite ? »

Petits faits ou grands événements : chaque jour, de tous les pores de la société, jaillit l’immense rejet de Macron, son gouvernement, sa politique. Et aussi ces questions : combien de temps encore vont-ils pouvoir continuer à tout détruire ; comment les arrêter ?

Macron proclame (dans le JDD, 30 septembre) qu’il ne « dévie pas d’un pouce » et s’apprête à prendre « des décisions lourdes sur (…) la transformation de nos systèmes de retraite ». Il plastronne : « Je ne céderai pas à la facilité. » Mais chaque jour, dans tout le pays, des grèves unies sur les revendications imposent des reculs, partiels mais réels, aux représentants du pouvoir. Macron, demain, sera contraint de céder devant la mobilisation du peuple travailleur uni avec ses organisations et déterminé à aller jusqu’au bout du combat.

À une condition : que s’impose l’unité, de bas en haut.

En haut, sur le plan politique, les partis de « gauche » semblent tétanisés : par leurs déchirements internes pour les uns ; et pour d’autres, par une stratégie subordonnée au calendrier électoral et donc au maintien en place du président jusqu’en 2022.

En haut, sur le plan syndical, une journée d’action est appelée le 9 octobre, notamment par la CGT et la CGT-FO. Parmi les questions à l’ordre du jour de cette initiative figure la contre-réforme des retraites. Dès lors, dans quel sens les choses vont-elles s’orienter ? Pour la CGT, Philippe Martinez déclare (dans La Dépêche, 29 septembre) : « Ce qu’il faut changer, ce n’est pas le président, ça fait trois fois de suite et rien ne change (…) c’est la politique menée. » Pour FO, Pascal Pavageau (dans Le Figaro, 2 octobre) s’inscrit dans le cadre de « la concertation de ces derniers mois (qui) a été loyale », mais il met en garde : « Il est hors de question d’une uniformisation des régimes existants ayant pour objectif de niveler tout par le bas. »

En dépit de formulations équivoques, ces déclarations posent une question à la fois simple et cruciale. Car si les mots ont un sens, comment imposer « un changement de politique » et interdire tout « nivellement par le bas des régimes de retraite », sinon par l’unité des travailleurs et des organisations pour taper tous ensemble, au même moment, sur un même clou ? Un clou sur lequel est gravé : « Ne touchez pas à nos retraites ! Retrait du plan Macron-Philippe ! ».

Aider à réaliser ce front unique des travailleurs et des organisations : tel est l’objectif de la rencontre du 20 octobre.

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