Qui dirige, qui doit diriger ? Éditorial de Daniel Gluckstein •

  Ont-ils raison, les cheminots en grève avec leurs syndicats, de voter dans leurs assemblées générales sur les revendications, l’organisation de la grève (caisses de grève, comités mandatés…) et ses suites ?

Pour notre journal, dont la devise est « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », la grève des cheminots ne peut être dirigée que par les cheminots.

Sur ce point, il est nécessaire de distinguer entre syndicats et partis. Le but du syndicat est d’imposer, avec les travailleurs, la satisfaction des revendications matérielles et morales des salariés, indépendamment de leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses. En l’occurrence : le retrait du pacte ferroviaire. Le parti a pour rôle d’ouvrir une perspective politique. Pour le POID, il s’agit de chasser Macron, l’Union européenne et la Ve République, pour ouvrir la voie à l’Assemblée constituante souveraine et au gouvernement ouvrier.

En finir avec Macron et sa politique : cela ne peut être imposé que par la mobilisation de la classe ouvrière sur son propre terrain de classe. La grève des cheminots en montre le chemin. Un parti ouvrier se doit de l’appuyer, sur son propre terrain, politique. Mais à condition de respecter la souveraineté des décisions des grévistes unis avec les organisations dans les assemblées générales.

Il existe d’autres conceptions. Pour Jean-Luc Mélenchon, « La France insoumise est un mouvement politico-social dont la vocation est d’unir dans l’action toutes les raisons d’agir » (1). C’est son droit, en démocratie, de défendre cette position. Mais elle présente un danger.

La fusion du politique et du syndical en un « mouvement politico-social dont la vocation est d’unir dans l’action toutes les raisons d’agir », ce fut, le 5 avril dernier, la fameuse « assemblée citoyenne » de la Bourse du travail – dont on ne sait d’où elle est sortie ni qui la composait – qui adresse un ultimatum aux partis et aux syndicats sommés de « faire la fête à Macron » le 5 mai prochain. C’est aussi l’appel à diluer les assemblées de cheminots grévistes – ainsi dessaisis – dans de prétendues « assemblées générales interprofessionnelles » avec « usagers » et autres « catégories en lutte ».

Tout cela en attendant 2022 (2).

Pour leur part, les cheminots membres du POID respectent la souveraineté des assemblées générales de grève unies avec les syndicats, et les décisions qu’elles prennent.

Dans leur journal, La Tribune des travailleurs, ils informent sur la grève et les questions politiques qu’elle soulève.

Comme parti, le POID mène combat pour l’unité pour en finir avec le gouvernement Macron en préparant la manifestation du 13 mai, avec les milliers de travailleurs de toutes tendances qui s’y sont associés.

Dans les grèves comme dans l’action politique, les membres du POID visent un seul objectif : l’émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes.

(1) Blog du 14 avril.

(2) Pour Mélenchon, le vote aux élections européennes sera un « référendum contre Macron », ainsi réputé être toujours en place dans un an. Son camarade Ruffin a, le 1er avril, annoncé qu’il s’opposera comme député à Macron durant quatre ans encore…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s