De mémoire de cheminot ou d’usager, le pays n’a guère connu de grève de la SNCF aussi massive que celle de ce 3 avril 2018.

Quelles qu’en soient les suites, ce mouvement historique balaie nombre de prétendues « évidences » assénées depuis des mois :

– Finie la lutte des classes ? La masse des cheminots – ouvriers, employés, cadres – soudés avec l’appui de tous les travailleurs se dresse, déterminée, face à une poignée de gouvernants, serviteurs zélés des exigences de privatisation/destruction de l’Union européenne, des banquiers et des spéculateurs.

– Les travailleurs ne veulent pas se battre ? C’est l’inverse : grève massive, unie, soudée.

– Les syndicats sont dépassés et désertés, qu’il faudrait remplacer par d’autres formes ? Les événements montrent que le mouvement vers la grève se confond avec le mouvement vers les organisations syndicales, instruments de l’action.

– Le statut serait obsolète et l’ouverture à la concurrence irréversible ? C’est l’inverse : la grève pour le retrait du rapport Macron-Spinetta porte en elle l’exigence du retour au statut, au service public et au monopole d’État.

Et cette grève met en lumière la réalité de la concertation : cette arme maîtresse du gouvernement Macron-Philippe qui, dans tous les domaines, y a recours pour enchaîner les organisations syndicales à la « co-construction » des contre-réformes.

À la SNCF, après trente séances de concertation, la ministre Borne ose déclarer à la veille de la grève : « Je déplore que la grève démarre alors que nous n’en sommes qu’à mi-chemin de la concertation. »

Le gouvernement affirme qu’il ne cédera pas : c’est pourquoi il voudrait que, même pendant la grève, la concertation se poursuive.

Les cheminots en grève ont un objectif : le retrait du plan Macron-Spinetta.

L’épreuve de force est engagée.

Entraîné sans doute par la mobilisation, Laurent Brun, secrétaire de la fédération CGT, vient de se prononcer « pour le retrait du projet du gouvernement » auquel il demande de « tirer un trait total sur l’ouverture à la concurrence ».

Donc, les fédérations de cheminots CGT, FO et SUD exigent clairement le retrait du projet Macron-Spinetta !

L’unité pour le retrait du projet Macron-Spinetta, c’est la voie de la victoire pour les cheminots !

Aujourd’hui, tous les secteurs de la classe ouvrière – en particulier les éboueurs en grève, les travailleurs de Carrefour, ceux de la fonction publique, les enseignants, les hospitaliers… – ont les yeux tournés vers ce qui se passe à la SNCF. La solidarité ouvrière est acquise aux cheminots. Les travailleurs et les jeunes comprennent que faire céder le gouvernement sur un maillon de la chaîne, c’est créer les conditions pour le faire céder sur tous les autres.

Il revient au mouvement ouvrier, dans l’épreuve de force qui s’engage, de se ranger en bloc du côté des cheminots : c’est-à-dire de rompre avec une politique de concertation qui ne sert que le gouvernement.

Vive la grève des cheminots ! Le gouvernement doit céder : retrait du plan Macron-Spinetta

 

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