Éditorial de Daniel Gluckstein •

Les travailleurs sont concernés par la crise boursière.

Celle-ci, à en croire les « experts » qui s’expriment dans la presse, aurait été provoquée par la (légère) hausse des salaires et le (relatif ) recul du chômage constatés aux États-Unis.

Leur explication est la suivante : si le pouvoir d’achat des salariés progresse, même de manière limitée, ils consommeront plus ; de ce fait, le prix des marchandises grimpera ; et la monnaie perdra un peu de sa valeur (avec 20 euros, j’achète- rai moins de marchandises demain qu’hier). C’est ce que l’on appelle l’inflation. Et en cas d’inflation, les banques centrales risquent de fermer un peu le robinet à liquidités. Or ce robinet a, depuis 2008, offert presque gratuitement des milliers de milliards de dollars aux capitalistes, qui les ont transformés en montagnes d’actions.

Crainte de l’inflation, crainte de ne plus disposer de financement gratuit : les capitalistes et les spéculateurs ont commencé à vendre des actions, provoquant un effet boule de neige, car plus ils vendent, plus les cours baissent, et plus les cours baissent, plus ils vendent… C’est ainsi qu’en cinq jours ils ont perdu plus de 7 500 milliards de dollars (l’équivalent des PIB de l’Allemagne, de la France et de l’Italie réunis) !

Va-t-on vers un krach d’ampleur ? C’est probable. Mais dans quels délais ?

Sans attendre, les travailleurs peuvent tirer trois leçons de cet épisode.

La première : krach ou pas, les capitalistes chercheront à rattraper leurs pertes sur le dos de la classe ouvrière.

La deuxième : la moindre élévation des salaires ou le moindre recul du chômage provoquent la panique dans les sommets capitalistes. Dès lors, qui peut croire que les droits ouvriers et les garanties collectives seront préservés dans le cadre de « concertations » destinées à associer les organi- sations ouvrières aux plans du gouvernement ? Les récents développements en Allemagne montrent au contraire que seule l’action de classe crée le rapport de force qui arrache des résultats.

 

La troisième : pour les capitalistes, seule compte la croissance du profit, « l’argent toujours bourgeonnant » (Marx). Pour eux, l’inflation est un danger, qui menace de dévaloriser leurs montagnes de capitaux. C’est pour cela qu’ils attachent une importance majeure aux fameux 3 % des critères de Maastricht* inventés pour garantir la valeur de l’euro.

Tous les travailleurs savent que les coups qui leur sont portés et les contre-réformes – ordonnances contre le Code du travail, privatisation-liquidation des services publics, blocage des salaires, remise en cause des retraites et de la Sécurité sociale, etc. – découlent des sacro-saints critères de Maastricht, et tout particulièrement des 3 %. Voilà pourquoi aucun accommodement n’est possible avec Maastricht et les gouvernements qui s’y soumettent. Ni plan A ni plan B. Un seul plan, le plan ouvrier : celui qui dit « Dehors Maastricht ! Dehors l’Union européenne ! » et qui nous conduit à préparer la manifestation du 13mai «Macron, un an, ça suffit!»

* Interdiction aux déficits publics de dépasser 3 % du PIB.

Manifestation nationale le 13 mai

Un an ca suffit