Grève à l’école Martine Soulié de Limeil-Brévannes, le point sur le retour à la semaine des 4 jours à Boissy. Un enseignant donne son point de vue .

Grève à l’école Martine Soulié de Limeil-Brévannes, le point sur le retour à la semaine des 4 jours à Boissy.

Un enseignant donne son point de vue .

 

On a beaucoup parlé dans les médias de la grève à l’école Martine Soulié à Limeil Brévannes, peux-tu nous en dire plus ?

Effectivement, l’école était totalement fermée mardi dernier. Tous les collègues étaient en grève.

Comment et pourquoi s’est décidée la grève ?

C’est une grève spontanée « d’en bas ». Depuis plusieurs années, un certain nombre de nos élèves ont besoin de soins particuliers qui ne peuvent leur être offerts que dans des établissements spécialisés. Au lieu de les aider, l’Education Nationale les laisse dans les classes sous le prétexte qu’ils auraient le droit à être dans des classes ordinaires. Mais c’est comme dire à un malade qui se présente à l’hôpital pour y être soigné qu’il a le droit de rentrer chez lui !

Du coup, ces élèves fragiles perturbent énormément le fonctionnement de l’école. Et c’est assez logique. Quand un élève n’est plus en mesure de suivre le programme, il a plusieurs choix : soit il décroche en silence, soit il explose. Dans les deux cas c’est dramatique. Pour lui, ses parents et ses professeurs. Je précise qu’il ne s’agit pas de difficultés ordinaires mais de véritables handicaps reconnus.

Après un énième iincident, une énième alerte envoyée à notre hiérarchie, nous avons décidé d’arrêter le travail.

Avez-vous été entendu ?

Nous avons été reçus le lundi matin, veille de la grève, à l’Inspection du Val-de-Marne. A la sortie, le sentiment était mitigé. Oui, nos responsables ont bien entendu les difficultés de l’école et nos revendications (des établissements spécialisés et des soins particuliers pour ceux de nos élèves qui en ont besoin) mais rien de certain n’a été décidé. La demande de placement de nos élèves en établissement spécialisé va être priorisée oui, mais aujourd’hui ils n’ont toujours rien. C’est pour cela que nous avons maintenu notre grève le lendemain.

Ce problème est spécifique à cette école ?

Non, c’est un problème qui peut toucher et qui touche toutes les écoles. Depuis des années, au nom de l’égalité des chances, les élèves qui ont un handicap sont d’office dans les classes banales et toutes les structures qui pourraient vraiment les aider sont fermées. Pour nous c’est un vrai abandon et c’est très difficile à vivre pour nous enseignants. C’est difficile deux fois : au quotidien parce qu’on ne peut plus faire la classe et ensuite parce qu’on se demande ce que vont devenir ces élèves. C’est aussi pour eux qu’on a fait grève.

Pourquoi y a-t-il si peu de places en établissement spécialisés ?

L’argent. C’est comme pour les classes spécialisées, les « responsables » politiques estiment que cela coûte trop cher. Ce n’est pas notre avis, ni celui des familles. Beaucoup de parents nous ont soutenus lors de la grève. C’est un problème national, et il faudra bien plus que la grève d’une école pour le régler.

As-tu des informations concernant le retour à la semaine de 4 jours à Boissy-Saint-Léger ?

Ça semble bien parti : les conseils d’école se sont tenus en novembre et la grande majorité a voté un avis pour le retour au 4 jours. La mairie a organisé une consultation et plus de 70% des parents sont aussi pour les 4 jours.

C’est donc acté ?

Pas encore, et on reste méfiants. L’expérience nous a montré que les paroles ne sont pas des actes. Le conseil municipal n’a encore rien voté. Nous attendons d’être reçus officiellement avec mon syndicat par la mairie.

Pourquoi les enseignants sont-ils pour le retour aux 4 jours ?

C’est déjà une question de défense du caractère national de l’école : nous voulons les 4 jours pour toutes les écoles, pas seulement à Boissy. Sur le principe, nous ne voulons pas que ce soit une municipalité qui décide de nos horaires. Or la tendance est à la prépondérance des choix locaux sur le caractère national de l’enseignement. C’est extrêmement dangereux. Nous voulons que nos élèves, qu’ils habitent à Vincennes ou Boissy, aient les mêmes droits. Ce combat sur les rythmes scolaires rejoint le combat des professeurs des lycées qui défendent le bac pour qu’il reste un diplôme national et anonyme.

Ensuite, on a bien vu, la coupure du mercredi est bénéfique. Pour les élèves évidement, mais aussi pour nous. C’est une journée qui permet de préparer sereinement la classe pour la fin de semaine. A Limeil, les écoles sont revenues à 4 jours et ça n’a plus rien à voir. Le mardi soir, on peut souffler un peu.

 

 

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