LA MOBILISATION CONTRE LA FERMETURE DES SERVICES DE CHIRURGIE CARDIAQUE ET HÉPATIQUE DE L’hôpital HENRI MONDOR

 

3 décembre 2017 – La coordination de vigilance de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (AP-HP), collectif fondé en 2009 pour contrer la même menace, organise un rassemblement de soutien aux services menacés le 14 décembre, à 12 heures, devant l’hôpital. Il s’agit de s’opposer au transfert de la chirurgie hépatique à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif en 2018, annoncé par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Le communiqué de Laurent Cathala source 94citoyens

« Sur le fond, une telle fédération entre les deux services semble dénuée de toute cohérence médicale et complexifie à l’ évidence le parcours de soin des patients », estime Laurent Cathala pour qui cette proposition de prise en charge sur les deux sites « est à l’ évidence une source de rupture dans la continuité des soins, de difficultés dans la transmission de l’information médicale et au final risque d’impacter la sécurité des patients, notamment sur le traitement des complications post-opératoires et de réanimation« .

Analysant l’incapacité en l’état actuel pour Paul Brousse « d’absorber un surcroît d’activité chirurgicale de greffe de 40% sans moyens supplémentaires très significatifs ni de permettre une offre de soins aussi intégrée que celle disponible à Henri-Mondor« , l’élu en conclut également qu’« une telle fédération de services entre les deux établissements nécessiterait donc des investissements considérables sur le site de Paul Brousse pesant immanquablement sur les finances de I’AP-HP alors même que l’ensemble des ressources sont d’ores et déjà disponibles et opérationnelles sur Henri Mondor », s’interrogeant sur la cohérence financière globale de l’opération.

Conséquence sur l’axe stratégique de l’hôpital Mondor

Concernant les conséquences de ce projet sur le développement du GHU Mondor, l’ancien député rejoint les positions des 6 sénateurs qui se sont exprimés, du président du Conseil départemental, et de la coordination Mondor, s’inquiétant que du point de vue hospitalo-universitaire, « l’ attractivité de l’Hôpital Henri-Mondor et sa renommée d’excellence dans le domaine de la recherche risque elle aussi d’être fortement érodée par un tel projet qui fragiliserait l’ensemble de la chirurgie hépatique et digestive du site avec des conséquences majeures sur les activités de l’ oncologie, de l’anesthésie, de la réanimation et des projets hospitalo-universitaires de recherches cliniques associés à ces disciplines et portés par de jeunes médecins. » L’élu rappelle sur ce point que la transplantation multi-organes fait partie intégrante de la stratégie de l’hôpital et que « le site cristolien est celui parmi les établissements de l’AP-HP qui offre la plus large activité en la matière incluant le cœur, le foie, les reins, les tissus composites et les cellules souches« .

Sur la forme, l’élu regrette que  cet objectif de fédération des deux services ait été fixé « de manière unilatérale sans avis des agences de santé concernées – Agence de biomédecine et Agence Régionale de Santé« , alors que l’ARS avait  acté la possibilité de passer de 4 à 5 sites de transplantation hépatique en Ile-de-France. « De plus, il est regrettable qu’il ne soit pas tenu compte des instances locales représentatives de la communauté médicale qui à travers différentes réunions ont manifesté leur opposition au projet« , ajoute le maire de Créteil.

Une motion contre le projet lors de la Commission de surveillance le 15 décembre

Le président du Conseil de surveillance de l’hôpital annonce qu’il proposera une motion s’opposant à ce projet à l’occasion de la prochaine réunion, le 15 décembre prochain, de la Commission de surveillance de l’hôpital.

« A ce stade, on peut toutefois se féliciter que ce projet n’impacte pas l’ activité de la chirurgie cardiaque ni l’indispensable réalisation du programme RBI (Réanimation, Blocs, Interventionnel) d’agrandissement et de modernisation de l’hôpital Henri Mondor« , conclut l’élu.

Suppression de la chirurgie hépatique puis cardiaque, enterrement de première classe pour le projet de bâtiment RBI (Réanimations, Blocs, Interventionnel), fragilisation des pôle recherche et de la fac de médecine de l’Upec, et spécialisation progressive de l’hôpital Henri Mondor en géronto-chirurgie…

C’est une désintégration-reconversion de l’hôpital, fruit d’un jeu de billard à douze bandes, que craint la coordination de vigilance d’Henri Mondor, qui donnait hier une conférence de presse pour détailler les éléments factuels et bruits de couloir inquiétants concernant la restructuration à venir au sein de l’hôpital cristolien de l’AP-HP.

C’est le vendredi 10 novembre que la suppression du service de chirurgie hépatique d’Henri Mondor s’est formalisée, à l’occasion d’une réunion organisée à Paris par la direction de l’AP-HP , à laquelle était convoquée la présidente de la Commission médicale d’établissement local (CMEL), Arianne Mallat. Une annonce « brutale », selon les témoins qui ont rapporté la scène,  qui a fait réagir le doyen de la faculté,  Jean-Luc Dubois-Randé, lequel a  pris contact avec le directeur général Martin Hirsch et avec le président de la CME, Noël Garabédian. « Une rencontre avec le directoire de l’AP-HP a été obtenue en urgence pour proposer une sortie de crise, obtenir le maintien de la transplantation hépatique et des études d’impact« , a indiqué en préambule Fabien Cohen, porte-parole de la coordination de vigilance Henri Mondor. En réalité, le service est sur la sellette depuis cet été. « Début juillet, nous avons été mis au courant des risques pesant sur la chirurgie hépatique au Comité technique d’établissement central (CTEC) », relate Olivier Youinou, représentant Sud Santé au sein du CTEC, indiquant que parmi les indices, le départ à Genève d’ici la fin de l’année de l’un des trois greffeurs du service était de mauvais augure. Dans son mail de réponse concernant la remise en question du service, la direction de l’AP-HP confirme également ces dates :  « Au mois de juillet, il a été acté le passage de 4 à 3 sites de transplantation hépatique. Ceci doit conduire à un projet commun entre l’hôpital Paul-Brousse et l’hôpital Henri-Mondor. Les deux équipes sont chargées de travailler ensemble pour proposer un projet commun, conforme à cette orientation. Il n’ y a pas de décision institutionnelle concernant la chirurgie cardiaque », précise ainsi l’hôpital. Cet été toutefois, les médecins pensaient avoir la situation en main.

La prise de position des élus PCF

Les élus PCF du Val-de-Marne, du Conseil départemental et du territoire Grand Paris Sud Est Avenir ont d’ores et déjà pris position pour défendre le service. Une réunion se tient ce mercredi pour décider les actions à venir.

« Si cette décision n’était pas éconduite par un large mouvement social, elle mettrait à mal l’axe stratégique du GHU formé par l’hépatologie et la transplantation hépatique. Elle réduirait de manière importante les moyens hospitaliers du GHU au détriment des malades et des personnels, elle fragiliserait d’autres secteurs comme la transplantation rénale, l’imagerie, la recherche, l’Université et sa Faculté de médecine », prévient Fabien Guillaud-Bataille, secrétaire du PCF 94.  « A l’heure où se prépare dans la plus grande omerta, le nouveau Plan régional santé pour les dix prochaines années, la suppression de ces deux services de chirurgie hépatique et cardiaque, seraient un très mauvais signal en matière de désertification médicale, un risque de voir à nouveau menacés l’Université Paris-Est-Créteil(UPEC) et des hôpitaux comme ceux d’A.Chenevier et Emile Roux« , insiste l’élu.

« Le départ du centre de transplantation hépatique de Mondor ne serait d’ailleurs qu’une étape de plus dans un processus de désintégration du CHU Mondor qui ne dit pas son nom. Malgré le succès de la lutte de 2011, l’avenir de la chirurgie cardiaque reste incertain. Ces secteurs sont des pivots de Mondor, ils garantissent à l’hôpital d’être à la pointe de son activité, des interventions de meilleure qualité pour les patients, mais aussi une attractivité pour les étudiants, les enseignants, les chercheurs de l’Université Paris Est Créteil. C’est tout l’axe stratégique du Groupement Hospitalier que cette décision de fermeture vient remettre en question. Il s’agit bien là d’une menace pour la santé publique et la qualité des soins, pour les patients, pour les étudiants, pour la recherche, pour l’attractivité du territoire, pour le rayonnement et l’excellence de l’hôpital public. Autant de raisons pour se mobiliser avec force« , insistent pour leur part les élus communistes et partenaires du territoire Grand Paris Sud Est Avenir (GPSEA).

« Fermer ce service réduirait en outre l’attractivité de l’hôpital pour les étudiant.es et enseignant.es de l’Université Paris Est Créteil (UPEC), menaçant à terme la pérennité des enseignements au CHU de Mondor. De plus, cela risque de remettre en cause la réalisation du nouveau bâtiment « RBI » (Réanimation, Bloc, Interventionnel) à Mondor, dont la livraison est prévue en 2020. Cette structure de pointe (21 salles d’opération, 55 lits en réanimation, salles d’imagerie, etc.) est pourtant très attendue par la communauté hospitalière.  Cette nouvelle décision autoritaire et brutale met à mal la recherche et la santé publique des populations, car elle conduirait par ricochet à remettre en cause d’autres structures hospitalières en Val-de-Marne (Chenevier notamment). Réduire les chirurgies cardiaque et hépatique, c’est remettre en cause toute la chirurgie, la formation des universitaires, la recherche, réduire une réponse de proximité aux besoins de soins… Sauver la chirurgie cardiaque et hépatique, c’est donc sauver Mondor« , soutiennent pour leur part les élus PCF – GC-LFI du Conseil départemental.

 

Le point de vue de la coordination de vigilance Henri Mondor

Pourquoi supprimer le centre hépatique de Mondor ?

Alors que le service d’Henri Mondor réalise environ 80 greffes par an, les trois autres dépassent la centaine. C’est cette donnée qui aurait officiellement conduit à trancher en faveur de l’hôpital villejuifois. « Mais Paul Brousse ne dispose absolument pas de la capacité à accueillir les 80 greffes de Mondor« , alertent les représentants de la coordination tout en rappelant que l’activité, dans son volume actuel, est viable. Nous sommes un centre de référence en matière de diagnostic hépatique », pointe Jean-Marc Duvauchelle, délégué Sud Santé.

 

Le risque d’une d’une désintégration en série du CHU Mondor

Pour la coordination de vigilance Henri Mondor, la suppression de la chirurgie hépatique, si elle aboutissait, conduirait inexorablement à une remise en question profonde du projet de l’établissement, pour lui retirer la force de son pôle d’excellence en chirurgie multiviscérale et en faire un centre de géronto-chirurgie. Un projet qui couverait de longue date, et qui se serait déjà illustré par la remise en question du service de chirurgie cardiaque en 2011. « Martine Orio, la directrice d’Henri Mondor, a déclaré il y a longtemps, peu après son arrivée, qu’elle souhait qu’Henri Mondor devienne le plus grande centre de géronto-chirurgie », se souvient Christophe Pin, délégué CGT. « La chirurgie hépatique et la chirurgie cardiaque sont des pivots de l’attractivité d’Henri Mondor. Cela conditionne l’attractivité du site pour les chercheurs, les universitaires », insiste Fabien Cohen, rappelant la menace qui continue de peser sur la chirurgie cardiaque, toujours en attente de son deuxième professeur d’université praticien hospitalier (PU-PH) « pourtant promis depuis des années ».

Pour les représentants de la coordination, la suppression du service hépatique, suivie de la chirurgie cardiaque, constituerait ainsi  la première étape d’une désintégration du CHU, impactant  directement la recherche, la faculté de médecine et les projets de développement en cours. « A force de supprimer des morceaux, le risque est grand de vouloir tout regrouper à Mondor et de remettre en cause Albert ChenevierEt d’autres centres sont aussi menacés, à l’instar d’Emile Roux à Limeil-Brévannes, l’hôpital de Draveil… » analyse Eric Tricot, délégué Sud Santé.

Le nouveau bâtiment RBI remis en question ?

Parmi les craintes évoquées par la coordination, celles de la remise en question du nouveau bâtiment RBI (Réanimations, Blocs, Interventionnel). Cet équipement qui doit voir le jour d’ici à 2020, regroupera le bloc opératoire, y compris les Soins de Surveillance Post Interventionnels (SSPI) et les réanimations et surveillances continues de l’établissement. Il est prévu sur 12 498 m² de surface répartis en 6 niveaux et accueillera notamment un service de réanimation d’une capacité de 55 lits, un service de soins critiques avec 30 lits de surveillance continue, un bloc opératoire de 21 salles d’opération avec des salles d’opération hybrides capables de combiner des interventions chirurgicales et de l’imagerie interventionnelle… Un projet très attendu, qui était d’abord baptisé R2B. « La partie médico-technique du projet R2B a déjà été amputée. Et ce projet est passé d’un investissement de 80-100 millions d’euros à 60 millions », rappelle Christophe Pin. « J’ai entendu dire que l’AP-HP était prête à dédommager les premières entreprises qui doivent construire le bâtiment plutôt que de construire un équipement à 50 millions qui ne servira pas », s’alarme un des représentants de la coordination.

Quelle place pour Henri Mondor dans le Grand Paris ?

« Il faudrait penser au patient que l’on va devoir trimbaler d’un service d’urgence à l’autre, dans des conditions toujours très pénibles, parce que l’hôpital disposera de tels service de chirurgie vicérale et pas l’autre », insiste de son côté Jeannick Le Lagadec, représentante du Conseil départemental au sein du Conseil du surveillance de l’hôpital et membre de la coordination. Pour l’élue, il convient aussi de penser le rôle du CHU dans le Grand Paris. « Nous devons réfléchir en bassin de vie de population et en maillage territorial et arrêter de mettre toujours les institutions en compétition les unes avec les autres! »

Mobilisation

Désormais, l’heure est la mobilisation pour la coordination, qui craint une suppression du service dès le 1er janvier 2018. Au programme : pétition, tractage, débat public, manifestation, demande de rendez-vous avec Martin Hirsch… et mobilisation des élus du Val-de-Marne, comme en 2011, au moment où le service de chirurgie cardiaque avait été remis en question. Dans un communiqué, le président du Conseil départemental, Christian Favier, a déjà réagi. « Je veux dès aujourd’hui alerter la direction de l’AP-HP quant aux conséquences humaines et sanitaires d’une telle menace et à la réaction de mobilisation qu’elle ne manquerait pas de générer comme il y a quelques années« , prévient l’élu.
l’article complet dans 94citoyens

Suppression de chirurgie hépatique: jeu de billard à l’AP-HP Mondor

Le point de vue du POID 94

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UNITÉ CONTRE LA FERMETURE DES SERVICES DE CHIRURGIE CARDIAQUE

ET HÉPATIQUE DE L’hôpital HENRI MONDOR

La mobilisation unie de la population et des personnels hospitaliers et de leurs organisations a empêché la fermeture de la chirurgie cardiaque en 2011. Mais le gouvernement Macron Philippe revient à la charge en 2018 en s’attaquant non seulement à la chirurgie cardiaque mais aussi à la hépatique d’Henri-Mondor.

Selon les autorités sanitaires aux ordres du gouvernement, le service de chirurgie hépatique ne serait plus viable, parce que le nombre de transplantations n’atteindrait pas le « seuil» de 100.

C’est avec des motifs comparables que les gouvernements précédents ont fermé en quelques années des centaines de maternités qui, soit disant, ne pratiquaient pas suffisamment d’accouchements.

En réalité, le gouvernement Macron -Philippe ferme les services hospitaliers pour respecter le « seuil » des 3% de déficit de l’Union Européenne, pendant qu’il distribue l’argent public à guichet ouvert aux banquiers et patrons : 41 milliards d’euros pour les intérêts de la dette, 44 milliards au titre du CICE, sans parler des 21 milliards d’évasion fiscale.

Et en même temps dans le Morbihan, on demande, par exemple, à une dame de 80 ans de quitter à 1 heure du matin sa chambre d’hôpital pour libérer un lit !

Et il faudrait attendre quelque chose du prétendu « grand débat européen » de 2019 ou de la présidentielle de 2022 et accepter de « se concerter » avec Macron pour détruire et privatiser nos hôpitaux publics ?!

La question posée pour les services de chirurgie menacé à Henri-Mondor est posée dans tous les domaines, qu’il s’agisse des « concertations » avec ce gouvernement pour détruire le code du travail, pour démanteler les départements et leurs services publics de proximité, pour décupler la sélection des jeunes à l’université ou liquider le baccalauréat, diplôme national et premier grade universitaire, permettant l’inscription DE DROIT dans l’Enseignement Supérieur.

NON ! Les malades, les infirmières, les médecins, les travailleurs, les retraités, les jeunes ne peuvent attendre 2018, 2019, 2022, et ne veulent pas des « concertations » Macron qui ne visent qu’à détruire des droits ouvriers et démocratiques chèrement conquis en intégrant les organisations syndicales à la mise en œuvre de sa politique meurtrière.

C’est maintenant qu’il faut faire barrage à ce saccage généralisé de tous les droits et acquis ouvriers et démocratiques.

C’est pourquoi le POID soutient la conférence des délégués du samedi 2 décembre « pour l’unité pour chasser Macron-Philippe et leur politique, pour la rupture rompre avec la Ve République et l’Union européenne,  pour que dans tout le pays se prépare le mouvement qui balayera cette politique et ouvrira la voie à une assemblée constituante souveraine.

Il vous invite à rejoindre les 15.000 signataires de l’appel « unité pour chasser Macron » et à préparer la conférence du 2 décembre.

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