L’éditorial d’André Yon

Ils avaient droit à 18 jours de congés supplémentaires. C’est établi dans l’accord d’entreprise. Celui-ci, selon le Code du travail, était plus favorable que les accords départementaux et régionaux et aussi que la loi.

Avec les ordonnances Macron, c’est l’inversion de la « hiérarchie des normes ». Leur directeur en a aussitôt conclu que leurs 18 jours étaient devenus un avantage anormal !

En se mettant en grève mardi 10 octobre, les personnels de l’APOGEI 94 (association en charge d’adultes handicapés) illustrent le paradoxe de la situation actuelle :

  • d’un côté, le gouvernement quasi monarchique de la Vème république qui, ne tenant aucun compte des aspirations de la population, pilonne une à une les conquêtes sociales les plus précieuses (Code du travail, Sécurité sociale, assurance-chômage, logement social, retraites, services publics, formation professionnelle, communes et départements,…)
  • de l’autre, les travailleurs et leurs familles, convaincus que Macron est illégitime, président des banquiers, président à 15%, qui cherchent à résister pied à pied (APOGEI 94, refus du licenciement des contrats aidés, relance de la campagne contre la fermeture du bureau de Poste de la rue de Paris,…)

Pourquoi le président du département, première des collectivités territoriales du Val-de-Marne à financer l’APOGEI 94, n’a-t-il pas immédiatement déclaré que les congés des personnels devaient être maintenus, que leurs conditions de travail devaient être préservées dans l’intérêt des patients ?

La politique de Macron ne laisse aucune échappatoire. Soutien inconditionnel aux grévistes, satisfaction de leurs revendications !

Le POID participe activement à la construction de comités pour l’unité pour chasser Macron. Le plus vite possible !

Grève à l’APOGEI-94

Interview de Sonia Martin, CGT

L’APOGEI 94 est une association prenant en charge l’accompagnement des adultes et des enfants handicapés mentaux et psychique. L’association compte 18 établissements et 27 sites dans le Val de Marne, elle emploie 680 salariés et est financée par l’ARS (37 millions) et le Conseil Départemental (13 millions) pour un budget annuel de 50 millions d’euros.

Question : Vous vous êtes engagés dans une grève, quelles sont vos revendications ? 

La direction prétend, pour des raisons d’économies budgétaires, remettre en cause les trois semaines de congés trimestriels. Cette mesure s’appliquera à tous les centres (une fois les amendements Macron mis en application), mais l’employeur s’attaque d’abord à celui de Domus (Boissy-St-Léger). La direction parle d’une charge financière trop lourde de 66 000 euros, alors qu’aucun de ces congés n’est remplacé. Nous contestons cette somme et son calcul. Les attaques contre les personnels sont la mise en application directe des ordonnances de Macron qui permet à la direction d’amoindrir le contenu de nos contrats et de contourner notre convention collective, mais c’est la continuité de Rebsamen et ensuite de la Loi travail d’ El Komhri qui ont conduit l’employeur, qui est salarié, à une tel soif de pouvoir. Depuis 3 ans, notre budget annuel est reconduit à somme constante. Cette gestion de nos établissements par la seule logique financière a des conséquences graves sur les personnels et les personnes vulnérables qui nous sont confiées. Plus d’argent pour les gants que nous utilisons pour la toilette intime et les soins corporels, même le papier toilette est rationné (ex : 21 rouleaux de papier toilettes pour 1 mois dans un site accueillant 12 résidents externes et 5 professionnelles)

Question : Tu évoquais la souffrance des patients et celle du personnel, peux tu expliquer ? 

Dans notre centre de Mandres-les-Roses, pour la cuisine centrale a été mis en place un partenariat public/privé. La fourniture des repas a été confiée à une société privée. La qualité des repas n’est pas à la hauteur de son prix d’autant que l’on peut trouver dans son plateau repas des surprises indésirables (mouches, cure-dents, morceau de plastique, scarabée, pansement, moisissure). Notre employeur n’entend pas ces problèmes et accuse parfois les salariés d’en rajouter et d’autre fois d’avoir remplacé le contenu de la barquette par des aliments impropres à la consommation que nous aurions apportés de chez nous ! Les résidents mangent ces aliments midi et soir c’est pour nous l’horreur absolue. Difficile d’imaginer la souffrance des résidents qui sont atteints dans chacun des aspects de leur dignité humaine, c’est aussi pour les résidents que nous nous battons. Les congés trimestriels que la direction veut nous supprimer sont un outils de bienveillance/bientraitance pour les salariés face à la charge mentale très présente dans notre travail quotidien auprès de personnes vulnérables et souvent lourdement handicapées. Au fil du temps c’est aussi devenu un outil pour nous préserver face à la souffrance et la pression psychologique que nous ressentons au travail et qui sont énormes. Nous avons un besoin vital de ces 3 semaines de congés trimestriels pour pouvoir continuer à assumer notre mission tout en préservant la qualité de notre accompagnement et notre santé.  Au cours de notre grève, nous avons rencontré une énorme solidarité de tous les personnels, même de ceux qui ne pouvaient faire grève, de nombreux collègues ont refusé de nous remplacer. Même les directeurs des autres centres et les directions de pôles ont été solidaires. Les policiers qui ont été appelés contre nous par notre employeur sont repartis en constatant que nous étions calmes.

apogie rass2
Mobilisés pour la défense de leurs congés

TT pub poing abo logo picto

Informations développées,
analyses détaillées,
prises de position politiques,
suivi de l’action politique dans
La Tribune des travailleurs

ABONNEZ-VOUS

 

 

 

Mobilisation pour le maintien de tous les emplois aidés

 

Rassemblement intersyndical du 16 10 devant la préfecture. Une délégation constituée des syndicats présents FO, FSU, CGT et SUD et de 4 collègues en CUI a été reçue pendant près de 2h par le directeur de cabinet du préfet et la secrétaire générale de la DSDEN Tous les dossiers ont été défendus. L exigence du réemploi de tous et de la transformation des postes en emplois statutaires de la fonction publique a été portée par la délégation qui s est appuyée sur le voeu adopté par le Cden du 12 octobre.

ras emplois aid

 

 

 Le peuple catalan s’est levé pour la République et l’indépendance . Pour la libération des militants emprisonnés et pour son droit à décider librement de son sort

image barelone flag

Assemblée mensuelle POID BOISSY

VENDREDI 17 NOVEMBRE 20 H

Salle de la pinède