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L’APOGEI 94 est une association prenant en charge l’accompagnement des adultes et des enfants handicapés mentaux et psychique. L’association compte 18 établissements et 27 sites dans le Val de Marne, elle emploie 680 salariés et est financée par l’ARS (37 millions) et le Conseil Départemental (13 millions) pour un budget annuel de 50 millions d’euros.

Question : Vous vous êtes engagés dans une grève, quelles sont vos revendications ? 

La direction prétend, pour des raisons d’économies budgétaires, remettre en cause les trois semaines de congés trimestriels. Cette mesure s’appliquera à tous les centres (une fois les amendements Macron mis en application), mais l’employeur s’attaque d’abord à celui de Domus (Boissy-St-Léger). La direction parle d’une charge financière trop lourde de 66 000 euros, alors qu’aucun de ces congés n’est remplacé. Nous contestons cette somme et son calcul. Les attaques contre les personnels sont la mise en application directe des ordonnances de Macron qui permet à la direction d’amoindrir le contenu de nos contrats et de contourner notre convention collective, mais c’est la continuité de Rebsamen et ensuite de la Loi travail d’ El Komhri qui ont conduit l’employeur, qui est salarié, à une tel soif de pouvoir. Depuis 3 ans, notre budget annuel est reconduit à somme constante. Cette gestion de nos établissements par la seule logique financière a des conséquences graves sur les personnels et les personnes vulnérables qui nous sont confiées. Plus d’argent pour les gants que nous utilisons pour la toilette intime et les soins corporels, même le papier toilette est rationné (ex : 21 rouleaux de papier toilettes pour 1 mois dans un site accueillant 12 résidents externes et 5 professionnelles)

Question : Tu évoquais la souffrance des patients et celle du personnel, peux tu expliquer ? 

Dans notre centre de Mandres-les-Roses, pour la cuisine centrale a été mis en place un partenariat public/privé. La fourniture des repas a été confiée à une société privée. La qualité des repas n’est pas à la hauteur de son prix d’autant que l’on peut trouver dans son plateau repas des surprises indésirables (mouches, cure-dents, morceau de plastique, scarabée, pansement, moisissure). Notre employeur n’entend pas ces problèmes et accuse parfois les salariés d’en rajouter et d’autre fois d’avoir remplacé le contenu de la barquette par des aliments impropres à la consommation que nous aurions apportés de chez nous ! Les résidents mangent ces aliments midi et soir c’est pour nous l’horreur absolue. Difficile d’imaginer la souffrance des résidents qui sont atteints dans chacun des aspects de leur dignité humaine, c’est aussi pour les résidents que nous nous battons. Les congés trimestriels que la direction veut nous supprimer sont un outils de bienveillance/bientraitance pour les salariés face à la charge mentale très présente dans notre travail quotidien auprès de personnes vulnérables et souvent lourdement handicapées. Au fil du temps c’est aussi devenu un outil pour nous préserver face à la souffrance et la pression psychologique que nous ressentons au travail et qui sont énormes. Nous avons un besoin vital de ces 3 semaines de congés trimestriels pour pouvoir continuer à assumer notre mission tout en préservant la qualité de notre accompagnement et notre santé.  Au cours de notre grève, nous avons rencontré une énorme solidarité de tous les personnels, même de ceux qui ne pouvaient faire grève, de nombreux collègues ont refusé de nous remplacer. Même les directeurs des autres centres et les directions de pôles ont été solidaires. Les policiers qui ont été appelés contre nous par notre employeur sont repartis en constatant que nous étions calmes.