Le centième numéro de la Tribune des travailleurs (2 août 2017) publie sur deux pages un large dossier sur les murs de la honte, en Allemagne bien sûr que les travailleurs et la jeunesse allemande ont mis à bas en 1989, mais aussi en Inde, en Afrique du sud ou en Palestine où ils subsistent aujourd’hui encore.

Un appel commun de militants ouvriers des États-Unis et du Mexique À bas le mur de la honte !

mur Mexique
Travailleurs, militants et jeunes du Mexique et des États-Unis, ensemble organisons une très large conférence américano-mexicaine de riposte ouvrière pour : – Mettre à bas le mur de la honte. Arrêt immédiat des expulsions ! – En finir avec l’ALENA et l’ALEAC ! – Mettre un terme aux privatisations et aux contre-réformes ! – Défendre le droit des travailleurs à se syndiquer et à négocier collectivement des deux côtés de la frontière !
Peu après le 11 septembre 2001, le gouvernement de George Bush a impulsé une politique de « sécurité des frontières », faisant adopter la loi « pour des frontières sûres » en octobre 2006, qui a mis en place un mur fortifié et une clôture virtuelle (avec capteurs et caméras) sur 1 100 des 3 200 kilomètres de frontière avec le Mexique.
Une politique d’expulsions massives, ponctuée par des descentes de police sur les lieux de travail, a accompagné l’expansion de la clôture à la frontière. Durant les huit ans de l’administration Obama, plus de trois millions d’immigrés venus du Mexique et d’Amérique centrale ont été expulsés. Pendant la même période, des centaines sont morts d’épuisement dû à la chaleur dans le désert brûlant d’Arizona, à la recherche d’une vie meilleure pour leurs familles. Beaucoup d’autres sont tombés sous les balles de milices armées dont les crimes sont le plus souvent restés impunis.
Aujourd’hui Donald Trump, de façon ouvertement raciste, pour faire des migrants les boucs émissaires de tous les fléaux d’une économie américaine en faillite, propose d’ériger un mur sur toute la longueur de la frontière et d’augmenter le nombre d’expulsions à plus de 700 000 par an, soit plus du double des expulsions organisées sous Obama.
Ce « mur de la honte », comme il est qualifié des deux côtés de la frontière, est le résultat de plus de vingt ans de politiques de « libre-échange » imposée par les États-Unis (ALENA et ALEAC en particulier), qui ont détruit l’économie mexicaine, transformant une nation souveraine en une gigantesque maquiladora au bénéfice des multinationales.
Ces politiques ont forcé des millions de paysans, de travailleurs et de jeunes du Mexique et d’Amérique centrale à fuir vers les États-Unis dans l’espoir de trouver un moyen de nourrir leurs familles.
Au Mexique, l’ALENA a été la principale arme des multinationales américaines pour promouvoir de prétendues réformes – en réalité des contre-réformes – visant à privatiser les chemins de fer, l’entreprise nationale pétrolière mexicaine (Pemex), les télécoms, l’électricité, les mines, l’enseignement public et d’autres entreprises, et les services publics, y compris de santé. L’ALENA a détruit la production agricole mexicaine ; aujourd’hui, 45 % des produits de base consommés au Mexique proviennent de l’étranger. Le Mexique dépend aujourd’hui des États-Unis pour les haricots, le maïs, le riz, le sucre et le blé. L’ALENA a aussi détruit l’industrie mexicaine de la viande ; les importations de viande des États-Unis ont augmenté de 750 % ces vingt-cinq dernières années.
Ces politiques de « libre-échange » vont de pair avec les traités visant à militariser les forces de police mexicaines pour réprimer toute protestation sociale, protestation qui n’a pas diminué malgré les massacres de masse d’étudiants à Ayotzinapa (État de Guerrero) ou d’enseignants à Nochixtlan (État d’Oaxaca). Les accords de libre-échange ont également constitué la base légale pour détruire les syndicats et les accords de négociation collective qui – avec les services et les entreprises publics – sont considérés comme des « obstacles au libre-échange ».
Il doit être dit et répété : tous les gouvernements américains, soumis aux exigences des entreprises en matière de libre-échange, sont responsables de la migration massive des travailleurs, des paysans et des jeunes du Mexique et d’Amérique centrale vers les États-Unis!
Le « mur de la honte » et l’ALENA représentent une offensive contre la souveraineté et le peuple mexicain, mais ils représentent aussi une offensive contre les travailleurs et la population aux États-Unis, où les emplois à temps plein et les aides sociales ont été détruits et les syndicats démantelés sous les menaces des patrons de fermer les usines et de les délocaliser vers des pays à bas salaires au sud de la frontière.
Aujourd’hui, le « mur de la honte » représente un symbole des politiques visant à refuser la couverture sociale à des millions de gens, empêchant les syndicats d’organiser et de défendre leurs membres (avec le projet d’une loi « Right to Work » au plan fédéral), en pénalisant les villes et les États qui empêchent la police locale de collaborer avec la police de l’immigration (ICE) (en menant des assauts contre les villes sanctuaires), en démantelant l’école publique (par la mise en place de vouchers – bons d’inscription dans l’enseignement privé – et le développement des écoles privées).
Aujourd’hui, Trump et le président mexicain Enrique Peña Nieto parlent de « renégocier l’ALENA ». Dans certains milieux, des illusions ont été répandues sur le fait que cela pourrait conduire à des améliorations pour les travailleurs des deux côtés de la frontière. Rien n’est plus faux.
Trump a promis de rompre avec Wall Street pour sauvegarder « Main Street ». Au lieu de cela, il a rempli ses cabinets de représentants de Wall Street. Il a promis d’améliorer la couverture santé ; au lieu de cela, il démantèle Medicaid et retire toute couverture médicale à 23 millions de travailleurs les plus pauvres pour remplir les poches de ses amis milliardaires. Il a promis de défendre les travailleurs et leurs emplois; au lieu de cela, il s’est mis à démanteler les seules organisations à travers lesquelles les travailleurs peuvent préserver leurs emplois et leurs conquêtes sociales : les syndicats.
Trump se met à « renégocier l’ALENA », mais seulement dans l’intérêt des entreprises américaines, pas dans l’intérêt des travailleurs au Mexique ou aux États-Unis. Le nouvel accord que Trump défend va seulement amplifier les attaques contre les travailleurs et leurs organisations, et en premier lieu leurs syndicats.
Pendant ce temps, au Mexique, Peña Nieto a nommé Luis Videgaray en tant que secrétaire d’État aux Relations extérieures ; c’est lui qui renégocie l’ALENA. Videgaray est l’homme de Wall Street au Mexique. Lorsqu’il était gouverneur de l’État de Mexico, il a mis en oeuvre toutes les contre-réformes qui sont en train de détruire la nation mexicaine pour les intérêts des « banksters » américains et de leurs subsidiaires mexicains. Au lieu de se dresser contre Trump pour défendre la souveraineté du Mexique, ces politiciens traîtres à leur pays proposent leurs services pour répondre aux injonctions de Trump, en faisant à l’occasion une grimace de protestation, uniquement pour donner le change.
Plus que jamais, les travailleurs et les jeunes ont besoin de s’unir par-delà la frontière dans un combat indépendant d’unité pour mettre à bas le « mur de la honte », en finir avec l’ALENA et l’ALEAC, bloquer et renverser toutes les politiques découlant des exigences de libre-échange des entreprises. Nous avons les mêmes intérêts et nous menons les mêmes combats pour protéger nos droits comme travailleurs.
Pour promouvoir ce combat par-delà la frontière, nous, les syndicalistes et militants soussignés, en appelons à nos sœurs et frères des deux côtés de la frontière pour contresigner cet appel et le faire connaître aussi largement que possible parmi nos organisations ouvrières et populaires. Travaillons ensemble à construire une conférence binationale très large autour de ces revendications communes, le lieu et la date seront définis par les premiers signataires prochainement.
– Pour mettre à bas le mur de la honte ! Arrêt immédiat des expulsions ! – Pour en finir avec l’ALENA et l’ALEAC ! – Pour mettre un terme aux privatisations et aux contre-réformes ! – Pour défendre le droit des travailleurs à se syndiquer et à négocier collectivement des deux côtés de la frontière !
Premiers signataires. (à titre strictement personnel – les noms des organisations et les positions syndicales ne sont mentionnés qu’à fin d’identification) USA Baldemar Velasquez Président du Comité d’organisation des travailleurs agricoles (FLOC, AFL-CIO), Toledo Ohio; Alan Benjamin Membre du Comité de suivi de la Conférence de Mumbai contre la guerre et l’exploitation, délégué au Conseil du travail de San Francisco, San Francisco, Californie; Eduardo Rosario, Président du Conseil du travail de la ville de New York pour l’avancement des latino-américains (AFL-CIO) Brooklyn, New York ; Nativo Lopez, Premier conseiller Hermandad Mexicana Nacional “La Original”, Los Angeles, Californie; Chris Silvera, Trésorier-secrétaire, section 808 du syndicat des camionneurs, Long Island City, New York; Nancy Wohlforth, Trésorière-secrétaire honoraire de l’ OPEIU (syndicat des employés professionnels et de bureaux), Washington DC; Al Rojas LCLAA – Sacramento AFL-CIO, Californie; Saladin Muhammed, Assemblée des travailleurs du Sud, Rocky Mount, North Carolina; Rolan Reville Junior., Comité d’organisation des travailleurs agricoles Toledo, Ohio; Colia Clark, Coordinatrice national, Symposium sur la violence judiciaire, Harlem, New York; Sara Flounders, co-directrice, Centre d’action international New York; Erin McKee, Président AFL-CIO de la Caroline du Sud, Mount Pleasant, South Carolina; Joe Lombardo, Co-coordinateur UNAC, la Coalition nationale unie anti guerre, Delmar, New York; Clarence Thomas, ex trésorier-secrétaire (à la retraite de la section 10 de l’ILWU, (syndicat des dockers) co-président du Mouvement de la marche d’un million de travailleurs, Oakland, Californie ; Rodrigo Toscano, Institut du Travail/ Sidérurgistes unis, Directeur national de projets de santé, sécurité et environnement, Nouvelles Orleans, Louisiane; Donna Dewitt, Président émérite, AFL-CIO de Caroline du Sud, Swansea, Caroline du Sud; Katherine Black, co-organisateur Mouvement Ouvrier US contre la guerre (USLAW), Philadelphie, Pennsylvanie; David Swanson, Directeur du “World beyond War” (le Monde au delà de la guerre), co-ordinateur de la campagne de l’organisation de Roots Action, Charlottesville, Virginia; Nnamdi Lumumba, Organisateur d’état, le Parti de progrès du Peuple Ujima, Baltimore, Maryland; Gene Bruskin, co-fondateur d ‘USLAW, syndicaliste, Silver Spring, Maryland; Jim Lafferty, Directeur exécutif honoraire, Association nationale des Avocats, Los Angeles, Californie ; Mary Prophet, Membre du comité d’organisation national, délégué au Conseil du travail du comté d’Alameda, Berkeley, Californie; James M. Walirabenstein, Militant pour la justice sociale, Spokane, Washington; Ralph Schoenman, Taking aim, Vallejo, Californie; Mya Shone, Taking aim Vallejo, Californie; Allan Fisher, AFT 2121 (American Federation of teachers), délégué au Conseil du travail de San Francisco, San Francisco, Californie; Traven Letshon, Président du Conseil du travail de Green Mountain, AFL-CIO Montpelier, Vermont. Julia John, Parti du progrès du Peuple Ujima, Baltimore, Maryland; Laurence H. Shoup, UAW (syndicat des travailleurs de l’automobile, aérospatiale et de machines agricoles) 1981 à la retraite, Oakland, Californie; Melina Juarez, doctorante Université du Nouveau Mexique, Albuquerque, Nouveau Mexique ; Dennis Gallie ,membre de l’ UAW retraité, Kansas City, Missouri ; Rodger Scott,ancien Président, AFT (Fédération américaine d’enseignants) 2121, membre du comité exécutif actuel et délégué au Conseil du travail de San Francisco, San Francisco, Californie; Jerry levinski, Comité d’organisation, Labor Fightback Network (Réseau de riposte ouvrière), membre de la section 509 du SEIU, Amherst, Massachusetts; Haldon C. Sutton, membre du Comité exécutif de Floride du Sud Ouest du Conseil des travailleurs retraités de l’ UAW (à titre personnel), North Port, Floride; Larry Duncan, retraité CWA 14408 Chicago, Illinois; Lindsay Curtis, Comité de rédaction du journal The Organizer, Sacramento, Californie ; Elizabeth Wright, militante pour la justice sociale, San Francisco, Californie ; Steve Early, membre de l’Alliance progressiste de Richmond et de l’Association des travailleurs des médias de la côte pacifique News Guild/CWA (Travailleurs américains de la Communication) Richmond, Californie; Thomas Bias, Secrétaire national, Labour Fightback Network (réseau de riposte ouvrière), Flanders, New Jersey; Gayle McLaughlin ex-Maire de Richmond et candidat au poste de Lt. Gouverneur de Californie en 2018, Richmond, Californie; Timothy Stinson, Socialist Organizer, Albany, Oregon; Don Bryant, Président du Réseau de soutien aux immigrants du Grand Cleaveland, Cleveland, Ohio; C.T. Weber, Parti de la paix et de la liberté de Californie, Président du comité législatif, Sacramento, Californie; Mark Weber, militant pour la justice sociale, Cleveland, Ohio; Dan Kaplan, secrétaire exécutif AFT (Fédération américaine d’enseignants) local 1943, Fédération des enseignants du Collège de San Matéo, San Matéo, Californie ; Michael Carano, Camionneur retraité de la section syndicale 348, Tallmadge, Ohio ; Carol E Gay, Président du Conseil syndical industriel de l’État de New Jersey, Brick, New Jersey; Jeffrey Segal, Organisation nationale des travailleurs des services juridiques, Local 2320 de l’UAW, Louisville, Kentucky; David Walters, membre retraité de l’IBEW (Travailleurs dans l’Électricité) 1245, San Francisco, Californie; Millie Phillips, Comité d’Organisation, Labor Fightback network Réseau de Riposte Ouvrière, Oakland, Californie; Todd Jelen, membre de la Fédération américaine des musiciens (AFL-CIO), Brook Park Ohio; Sarah -Emily Carter, Assistant d’administration, AFL-CIO de Caroline du Sud, Swansea, Caroline du Sud; Mary Findley, vice présidente de En avant le Comté de Lorrain, Amherst, Ohio; Michael Fanderys, Action pour la Paix, retraité, Cleveland Ohio; Cindy Fanderys, Action pour la Paix, retraitée, Cleveland Ohio; Cindy Sheehan, Directrice ,de La tribune libre de Cindy Sheehan Soapbox, Vacaville, Californie; Bill Shields, membre de l’ AFT (Fédération américaine des enseignants) section 2121, San Francisco, Californie. MEXIQUE Luis Carlos Haro, OPT Tijuana ; Fernando Serrano Monroy, Secrétaire général du Syndicat Unique Indépendant des Collèges de Licences du Chiapas, SUITCOBACH ; Mario Roldan Robledo, Dirigeant du Conseil Central de Lutte de la Section 40 SNTE-CNTE ; Uriel Gomez, dirigeant du Conseil Central de Lutte de la Section 40 SNTE-CNTE ; Daniel Gomez Mesa, Nouvelle Centrale de Travailleurs Syndicalistes de la Section 7 du SNTE-CNTE, région de Comalapa ; Daniel Martinez Velasco, Commission Promotrice de la Nouvelle Centrales des Travailleurs Sud-Sud-Est du Mexique ; Raul Drouillet Patiño, Coordination Nationale des Travailleurs Pétroliers Mexicains, Villahermosa Tabasco ; Mario Diaz Ortega, Coordination de Défense de la PEMEX, Minatitlan Veracruz ; Jose Raul Callejo Lacorti, Coordination Démocratique d’État de la Section 50 du SNTSA ; Freddy Rodriguez Mendez, syndicaliste section 7 SNTE-CNTE ; Roger Cerda Medina, Secrétaire de l’Organisation de la Délégation D IV 9 Retraités et Pensionnés ; Carlos Misael Palma Lopez, CORQI Mexique ; Melquiades Velueta, Coordination Démocratique de la Santé, Section 50, SNTSA, Région de Palenque, Chiapas ; Russel Aguilar Brindis, Secrétaire OPT Chiapas ; Wilner Metelus, Président du Comité Citoyen de Défense des Naturalisés et des Afro-mexicains ; Commission Citoyenne des Droits de l’Homme Du Nord-ouest, AC ; Hugo Castro Vasquez, Coordinateur de l’Association Anges Sans Frontières en Basse-Californie ; Monica Acosta-Zamora, Campagne Nationale Politique pour la Liberté de Ramsey Muñiz ; Union Générale des Ouvriers et Paysans du Mexique Drapeau Rouge ; Guillermo Almeyra, écrivain et journaliste ; Sara Fernandez, Groupe Gestor Aigles de Basse Californie, Tijuana ; Cirilo Gomez, professeur, Tecate ; Association des Parents pour une éducation de qualité, Tijuana
; Ubaldo Rojas Valladeres, journalier agricole, San Quintin ; Alejandra Rivera Arvizu, OPT Tijuana ; Joaquin Torres, OPT Tijuana ; Christian Santana, Etudiants pour la Défense de l’Education Publique ; Juan Carlos Vargas, CORQI Mexique ; Jesus Casillas Arredondo, OPT Mexicalli ; Carlos Rosales, Professeur de l’UABC ; Manuel Hernandez, Professeur de lycée, BC ; Abril Angelica Rodriguez Martinez, militante du Mouvement Féministe et de Défense de l’Eau ; Mexicalli, Basse Californie ; Juan Antonio Avalos Rojas, STUNAM ; Eduardo Felix, Etudiant à San Luis Rio Colorado, Sonora ; Erick Omar Jimenez Campaña, Etudiant UABC ; Liliana Plumeda, OPT Mexicali ; Marco Morales, militant de Mexicali Résiste ; Teresa Saavedra Talavera, Parti Populaire Socialiste du Mexique ; Laura Benitez, Mouvement Athée Féministe International ; Emiliano Raya Aguilar, Mouvement de la Gauche révolutionnaire ; Ismael Ruiz, Assistant de recherche.

Abattre tous les murs !

mur Inde Pakistan
mur Jerusalem