Quand la mémoire des travailleurs américains s'incarne dans des chansons

Trump et Macron passant les troupes en revue sur les Champs Elysées, c’est un symbole et une insulte à la Révolution française et à la Révolution américaine dont elle est l’héritière.

Le mouvement ouvrier et les peuples ont une autre mémoire qui parfois s’incarne dans des chansons

Nous avons retenu 2 chansons qui incarnent une certaine Amérique, celle des travailleurs

Aujourd’hui encore, dans chaque grève, dans chaque rassemblement, sur chaque piquet, une chanson retentit, celle qui fut composée à la memoire de Joe Hill, héros tragique et figure lumineuse des premières tentatives d’organisation du prolétariat américain.

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Paroles et traduction de «This Land Is Your Land»

This Land Is Your Land (Ce Pays Est Ton Pays)

voir la vidéo

[Chorus]
[Refrain]
This land is your land, this land is my land
Ce pays est ton pays, ce pays est mon pays
From California, to the New York Island
De la Californie, à l’île de New York
From the redwood forest, to the Gulf Stream waters
De la forêt de séquoias, aux eaux du Gulf Stream
This land was made for you and me
Ce pays a été fait pour toi et moi

As I was walking a ribbon of highway
Alors que je marchais sur le bord de l’autoroute
I saw above me an endless skyway
J’ai vu au-dessus de moi une route aérienne sans fin
I saw below me a golden valley
J’ai vu sous moi une vallée d’or
This land was made for you and me
Ce pays a été fait pour toi et moi

[Chorus]
[Refrain]

I’ve roamed and rambled and I’ve followed my footsteps
J’ai rôdé et erré et j’ai suivi mes traces de pas
To the sparkling sands of her diamond deserts
Jusqu’aux sables étincelants de ses déserts de diamant
And all around me a voice was sounding
Et tout autour de moi, une voix se faisait entendre
This land was made for you and me
Ce pays a été fait pour toi et moi

[Chorus]
[Refrain]

The sun came shining as I was strolling
Le soleil se levait alors que je flânais
The wheat fields waving and the dust clouds rolling
Les champs de blé ondoyant et les nuages de poussière roulant
The fog was lifting a voice come chanting
Le brouillard se levait, une voix a commencé à chanter
This land was made for you and me
Ce pays a été fait pour toi et moi

[Chorus]
[Refrain]

As I was walkin’ – I saw a sign there
Alors que je marchais – j’ai vu un signe ici
And that sign said – no trespassin’
Et ce signe disait – Défense d’entrer
But on the other side… . it didn’t say nothin !
Mais sur l’autre côté… ca ne disait rien
Now that side was made for you and me !
Eh bien, ce côté a été fait pour toi et moi

[Chorus]
[Refrain]

In the squares of the city – In the shadow of the steeple
Sur les places de la ville – Dans l’ombre du clocher
Near the relief office – I see my people
Près du bureau de l’aide sociale – Je vois mon peuple
And some are grumblin’ and some are wonderin’
Et certains se plaignent et certains se demandent
If this land’s still made for you and me.
Si ce pays est encore fait pour toi et moi

[Chorus](x2)
[Refrain](x2)

Image associée


Quand Woody Guthrie écrit sa chanson, les États-Unis font face à la Grande Dépression. Les écarts entre les très riches et les très pauvres se creusent. Le hobo, qui a traversé le pays maintes fois en train et en auto-stop, a l’habitude de croiser sur sa route des pauvres gens, des travailleurs, des ouvriers, des fermiers, des migrants et immigrants qui luttent pour vivre, ou du moins survivre. Il a passé sa vie à relater le quotidien des « poor folks » dans ses chansons pour leur rendre hommage. Dans sa chanson « This land is your land », il estime que la grandeur des États-Unis : c’est sa population. En entier, mais surtout la grande Amérique appartient au peuple, aux travailleurs, et non aux riches banquiers et financiers.

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Paroles de Joe Hill (A. Hayes, E. Robinson) 

Joe Hill vidéo

J’ai rêvé avoir vue Joe Hill la nuit derniere,
Vivant comme vous et moi.
J’ai dit  » Mais Joe, tu es mort il y a dix ans »
 » Je ne suis jamais mort  » A-t-il repondu

J’ai dit »Les Copper Bosses vous ont tué,
Ils t’ont tiré dessus » Ai-je dis
« Il faut plus que des armes pour tuer un homme »
Joe a dit  » Je ne suis pas mort « 

Se tenant là, comme plein de vie
Et souriant avec ses yeux
Joe a dit » ce qu’ils ne pourront jamais tuer
A continué à s’organiser »

De San Diego jusque dans le Maine
Dans toutes les mines et les usines
Ou des hommes travailleurs defendent leurs droits
C’est là que vous trouverez Joe Hill

J’ai rêvé avoir vue Joe Hill la nuit derniere,
Vivant comme vous et moi.
J’ai dit  » Mais Joe, tu es mort il y a dix ans »
 » Je ne suis jamais mort  » A-t-il dit

 

 

joe_hilll

I dreamed I saw Joe Hill last night, 

Alive as you and me.
Says I « But Joe, you’re ten years dead »
« I never died » said he,
« I never died » said he.

« The Copper Bosses killed you Joe,
They shot you Joe » says I.
« Takes more than guns to kill a man »
Says Joe « I didn’t die »
Says Joe « I didn’t die »

« In Salt Lake City, Joe, » says I,
Him standing by my bed,
« They framed you on a murder charge, »
Says Joe, « But I ain’t dead, »
Says Joe, « But I ain’t dead. »

And standing there as big as life
And smiling with his eyes.
Says Joe « What they can never kill
Went on to organize,
Went on to organize »

From San Diego up to Maine,
In every mine and mill,
Where working men defend their rights,
It’s there you find Joe Hill,
It’s there you find Joe Hill!

I dreamed I saw Joe Hill last night,
Alive as you and me.
Says I « But Joe, you’re ten years dead »
« I never died » said he,
« I never died » said he

Joe Hill, chanteur, militant, syndicaliste…l’une des grandes figures et des plus attachantes du mouvement ouvrier américain

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« Immigré, hobo, songwriter, simple militant de base fusillé par l’État de l’Utah en 1915, Joe Hill symbolise le syndicalisme industriel révolutionnaire des Industrial Workers of the World. Fondé en 1905, sous les auspices de grandes personnalités du radicalisme ouvrier aux États-Unis (Mother Jones, Lucy Parsons ou Eugene Debs, entre autres), l’IWW écrivit les plus belles pages du syndicalisme étasunien : grève Bread and Roses des ouvrières du textile de Lawrence, première grève sur le tas à Schenectady, luttes rassemblant Noirs, Latinos et Blancs dans le sud ségrégationniste et ailleurs, campagnes pour la liberté d’expression dans le nord-ouest… Et, toujours, en chanson et avec humour, malgré les lynchages, les déportations et la prison.

Image associée

Joe Hill devint l’auteur le plus populaire de ce “syndicat chantant”, alimentant le recueil IWW, le Little Red Song Book, de ses parodies de cantiques de l’Armée du salut ou de vieux tubes insignifiants transformés en brûlots révolutionnaires. Victime d’un coup monté judiciaire, condamné à mort puis exécuté malgré une mobilisation sans précédent, Joe Hill est toujours repris sur les piquets de grève. Comme le chantera un autre suédois d’origine : “On peut fusiller un chanteur / Personne ne peut tuer des chansons.”

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